Parlez-moi de vous : répondre sans réciter son CV

Par Zahira Zidoun , conseillère en insertion professionnelle 5 min de lecture

Un candidat en entretien d'embauche face à une recruteuse dans un bureau lumineux
Sommaire

« Parlez-moi de vous » n’appelle pas le récit de votre CV, que le recruteur a déjà sous les yeux. Il attend un fil : qui vous êtes professionnellement, ce qui compte dans votre parcours, et pourquoi vous êtes là aujourd’hui. Trois temps, une à deux minutes, et vous prenez la main sur l’entretien.

Le recruteur lève les yeux de votre dossier. Il sourit. Et il lâche la phrase que vous redoutiez : « Alors, parlez-moi de vous. »

Silence. Vous remontez au bac ? Vous listez vos postes ? Vous parlez de vos loisirs ? Ces deux minutes peuvent sembler interminables, et tout le monde est passé par là.

Cette question ouvre presque tous les entretiens, et c’est l’une des plus mal préparées. Beaucoup la prennent pour un simple brise-glace. Erreur. La réponse que vous donnez là oriente tout le reste de l’échange. La bonne nouvelle, c’est qu’avec la bonne structure, elle devient votre meilleur atout. Voyons pourquoi le recruteur la pose vraiment, comment bâtir une réponse claire, et à quoi ça ressemble une fois monté bout à bout.

Ce que le recruteur cherche vraiment

Première chose à comprendre : il a déjà votre CV sous les yeux. Vos diplômes, vos dates, vos intitulés de poste, il les connaît. Les lui réciter à voix haute ne lui apprend rien. Et ça l’épuise vite.

Ce qu’il veut, c’est ailleurs. Il regarde comment vous vous présentez, ce que vous choisissez de mettre en avant, et si vous avez saisi ce que le poste demande. Quand le recruteur vous invite à parler de vous, il ne cherche ni une autobiographie ni une répétition de votre CV. Il évalue aussi votre aisance à l’oral et votre clarté. Cette question lui sert également à jauger votre confiance en vous, et à imaginer comment vous vous présenteriez à de futurs clients ou collègues.

D’où le problème de la réponse « j’ai un BTS, puis trois ans ici, ensuite deux ans là ». Elle est exacte. Mais elle ne dit rien. Pas de hiérarchie, pas d’intention, aucun lien avec le poste. Le recruteur attend un fil, pas un inventaire.

La structure en trois temps qui fonctionne

Pas besoin d’un grand discours. Une bonne réponse tient en trois mouvements, dans cet ordre.

1

Qui vous êtes, en une phrase.

Votre identité professionnelle, pas votre état civil. Une phrase qui résume votre métier ou votre force. C'est l'accroche, elle plante le décor.

2

Ce qui compte dans votre parcours.

Deux ou trois éléments, choisis parce qu'ils parlent au poste. Pas toute votre carrière. Vous triez, vous ne déballez pas.

3

Pourquoi vous êtes là, aujourd'hui.

Ce qui vous amène à postuler, ce que vous cherchez, le pont entre votre parcours et leur besoin. C'est ce qui transforme une présentation en candidature.

Une à deux minutes, montre en main. Une réponse trop longue noie le message. L’objectif n’est pas de tout dire, c’est de donner envie de creuser.

Du flou au clair : un exemple

Prenons un cas simple, que vous pourrez transposer. Un candidat postule pour un poste où l’on attend de l’organisation, de la rigueur, et du contact avec d’autres équipes.

À éviter

« Alors, j'ai 32 ans, j'ai fait un BTS après le bac, ensuite j'ai été embauché dans une première boîte pendant trois ans, puis j'ai changé pour un poste similaire ailleurs, et là je cherche autre chose. »

Version structurée

« Je suis quelqu'un d'organisé, à l'aise quand il faut mener plusieurs choses de front. Dans mon dernier poste, je suivais plusieurs dossiers en parallèle, en lien direct avec les autres services. J'ai appris à fluidifier la communication entre équipes. Aujourd'hui, je cherche un poste où mettre cette rigueur au service d'une mission plus large, et votre annonce correspond exactement à ça. »

Honnête. Mais le recruteur n’entend qu’une suite de dates.

Même parcours. Même personne. Mais la seconde réponse choisit un fil, le déroule, et le relie au poste. Le recruteur sait quoi vous demander ensuite. Vous venez de prendre la main sur l’entretien.

Les erreurs qui plombent la réponse

Quelques pièges reviennent tout le temps. Faciles à éviter une fois repérés.

Réciter son CV dans l’ordre chronologique : l’erreur numéro un, on l’a vu. Rester vague en est une autre. « Je suis motivé et sérieux » ne prouve rien du tout. Trop personnel, aussi : votre situation familiale et vos hobbies n’ont pas leur place ici, sauf s’ils servent directement le poste. Et la réponse fleuve, qui part dans tous les sens, laisse penser que vous ne maîtrisez pas votre propre histoire.

Une question pour trancher : est-ce que ce que je dis aide le recruteur à comprendre pourquoi je suis la bonne personne ? Si oui, je garde. Sinon, je coupe.

En pratique : ça se prépare avant

Cette réponse ne s’improvise pas le jour J. Elle se travaille en amont. Relisez l’offre, repérez les deux ou trois compétences clés attendues, et construisez votre présentation autour d’elles. Puis entraînez-vous à voix haute. Chronométrez. Ajustez jusqu’à ce que ça coule.

C’est exactement ce que fait le moteur Pitch de Lumia ProLab. Vous entrez votre parcours et le poste visé, vous repartez avec une présentation structurée en trois temps, à travailler avant l’entretien. De quoi arriver avec une réponse calée plutôt qu’un blanc à meubler.

La question « parlez-moi de vous » n’est pas un piège. C’est une porte que le recruteur vous ouvre. À vous de la passer avec une réponse qui montre, en une minute, que vous savez qui vous êtes et pourquoi vous êtes là.

Partager cet article

Passez de la théorie à la pratique

Lumia ProLab transforme la méthode en entraînement concret.